Extrait texte

Zhuang Zi (庄子, 369-286 ou 275 av. J.-C.)

Il est considéré comme le deuxième représentant du daoïsme après Lao Zi.

Zhuang Zi est un homme atypique qui se moque des humains, des rites et des codes contraignants issus de la société confucéenne et qui fuit aussi la renommée et le prestige des hautes charges politiques. Il dénonce les différenciations et les solidifications de l’esprit. Il est le symbole du détachement de l’égocentrisme et de l’union avec le Dao.
Dans le chapitre où il traite de la liberté spirituelle, il prend l’exemple d’un oiseau qui vole librement dans le ciel. On peut l’envier pour sa liberté, mais est il vraiment libre ? Non, car l’oiseau est dépendant du vent, qui est une condition pour sa liberté.
Une vraie liberté est inconditionnelle et cela passe par l’oubli du moi, de l’ego, à travers des techniques comme le jeûne du cœur (心斋, vide du cœur) et l’oubli ( 坐忘, oubli du corps et de l’esprit).
Le Huai Nan Zi (淮南子), texte daoïste de la dynastie des Han occidentaux (206 av. J.-C.-24 apr. J.-C.) raconte l’histoire du vieil homme qui a perdu son cheval :
« Un jour dans un village, le cheval d’un vieil homme s’échappe de sa propriété. Ses voisins arrivent pour le réconforter mais le vieil homme répond sereinement : “C’est peut être une bonne chose.”
Quelques mois plus tard, le cheval revient avec plusieurs beaux chevaux, et ses voisins viennent féliciter le vieil homme de la bonne nouvelle, mais celui-ci reste calme et dit : “C’est peutêtre une mauvaise chose.”
Plus tard, le fils du vieil homme monte sur le cheval, chute et se casse la jambe. Ses voisins arrivent, affolés, pour le réconforter, mais le vieil homme, toujours calme, dit : “C’est peut-être une bonne chose.” Les voisins n’en reviennent pas de la réaction du
vieil homme et repartent, le prenant pour un fou.
Un an après, la guerre éclate, tous les jeunes hommes forts partent à la guerre et meurent au combat… tous, sauf le fils du vieil homme, qui, invalide depuis sa chute de cheval, est resté près de son père en sécurité. »
Le bonheur et le malheur ne sont pas forcément opposés car ils sont liés, formant ainsi un ensemble difficile à percevoir. Il ne faut donc pas tomber dans l’émotion excessive des bonnes ou des mauvaises nouvelles, qui enferment les gens dans une vision partielle de la réalité, comme la partie visible de l’iceberg.

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